A.Carte géographique du Zuiderzee 103 X 103 cm
B.Texte tiré du film de Joris Ivens 103 X 103 cm
C.Texte tiré du film de King Vidor 103 X 103 cm
D.Carte géographique Arcadia (USA) 103 X 103 cm
E.Copie de la Tapisserie de Bayeux : 25 X 300 cm
F. / K.Photos des films de King Vidor & Joris Ivens : 100 X 150 cm
G.Texte de Sigmund Freud : 103 X 103 cm

A l’occasion d’un cours sur les Pays-Bas, ce devait être en 1974 ou 1975, le professeur de géographie avait projeté un film en noir et blanc sur la construction des polders. Les images de la terre envahissant la mer m’avaient frappé. Je n’avais alors jamais entendu parler de Joris Ivens.

Beaucoup plus tard, sans doute dans les années 80, je découvris le film de King Vidor Our daily bread à la télévision en même temps que d’autres films : La Foule, Hallelujah ou Le Rebelle.

Je ne sais plus quand les deux films entrèrent en relation. Je me souviens que j’achetai à Londres, au début des années 90, le livre de Zalzman sur Joris Ivens. J’avais le projet de travailler sur lui, peut-être dans le cadre d’une série, jamais vraiment réalisée, qui devait lier architectes & cinéastes. Je peux retrouver dans la liste que je tiens de mes lectures, qu’en 1992 j’ai lu La grande parade, le livre de souvenirs de King Vidor. La localisation d’Arcadia n'étant pas précisée dans le film de King Vidor, j’avais le choix entre plusieurs villes réparties sur tout le territoire américain. Je choisis Arcadia dans l'état de l’Iowa qui était située à la fois près d’une rivière et surtout près d’une autre ville nommée Carroll, sorte de clin d'œil à l’auteur d’Alice in Wonderland.

En 2003, je lus les Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse de Freud où je trouvai le passage sur le Zuiderzee. C’est à ce moment que le projet du polyptyque King Vidor et Joris Ivens s’est précisé.

A la fin de 2007, je lus le livre d’Andrew Bridgeford sur la tapisserie de Bayeux qui me fascinait déjà enfant : j’en collectionnais les images à l'école primaire et je me souviens être allé la regarder à Bayeux en 1994 à l’occasion d’une exposition à Cherbourg. A la terre empiétant sur la mer de Joris Ivens et l’eau envahissant la terre de King Vidor, s’ajoutait ainsi l’image de l’homme traversant la Manche entre la France et l’Angleterre.

En 2010, alors que je pensais le polyptyque terminé, je lu le curieux texte de Gerrard Winstanley écrit en 1649 : The True Levellers Standard Advanced (en français : L’Etendard déployé des vrais niveleurs, paru chez Allia en 2007). Dans ce texte, Winstanley, précurseur du communisme, fait le rapprochement entre l’exploitation des pauvres par les riches de son époque et celle des Anglais par les Normands. Ce texte faisait apparaitre un nouveau lien entre la conquête de Guillaume et la crise des années trente au travers d’une autre crise qui se déroula au XVIIème siècle.

Texte tiré du scénario du film de K.Vidor (panneau C) :

Texte sur le film de Joris Ivens (panneau B) :

Texte de Sigmund Freud (panneau M) :

Texte de Winstanley (panneau L) :